qui suis-je 20/02/2011
Posted by longuevieauroi in textes.add a comment
septembre 2009
Ce texte fut écrit en revenant d’une soirée où une fille interessante m’a demandé qui j’étais. En revenant chez moi j’étais insatisfait de la réponse que je lui avait donnée.
Qui suis-je?
Un idéaliste pessimiste et réaliste.
Un romantique au bord de l’abandon qui sait qu’au fond, il n’est pas grand chose de plus qu’un sac d’organes sur pattes, qu’un travail d’équipe entre des milliers de cellules vivantes.
Un gars qui rêve gros et en couleur, qui ne croit pas pouvoir arriver à bout de ses ambitions mais qui est conscient que ce ne sont que des angoisses.
Je laisse mon passé m’affecter et je me fait du sang de crapaud pour mon avenir sauf que dans le fond je m’en contre-calisse et je me laisse guider par la dictature de ma personnalité impulsive. Et j’aime ça.
Go with the flow, Hakuna Matata et fuck the police.
Je suis un fataliste modéré et positif.
Je ne crois à rien à part le fait que peut-être que les mitochondries regardent le paroi cellulaire tout comme nous on regarde le ciel, en se demandant qu’est-ce que ça peut tout vouloir dire.
Pis dans le fond, je m’en sacre parce que le ici et le maintenant sont les seules vérités perceptibles.
Je signe mon nom avec une minuscule, je fais exprès pour me perdre dans mes pensées et je ne suis pas aussi en forme que je pourrais l’être.
Subjectivement je suis un étudiant pauvre qui fume peut-être un peu trop de pot, qui est angoissé et qui peut parfois faire rire.
Subjectivement, un assoiffé de connaissances. Un amoureux de la théorie. Un addict du contenu. Un ontarien à Montréal dans un monde sans frontières.
Subjectivement je pense trop, je parle trop, et j’ai un besoin obsessif de tout savoir et de tout comprendre sur le monde qui m’entoure.
Objectivement, je suis un gars de dix-neuf ans qui a résolu la crise de son identité la semaine avant de commencer la deuxième année de son bacc. Qui comprend finalement qui il est. Qui comprend finalement qu’il aime ce qu’il est. Qui peut finalement respirer parce qu’il se permet finalement d’être honnête avec lui-même.
Objectivement, le timing de ta question est impeccable.
Ma ville 17/09/2010
Posted by longuevieauroi in textes.add a comment
mars 2009
Ma ville me parle et je suis le seul à l’écouter
Elle me raconte ses histoires,
Elle me raconte ses amours
Elle me raconte ses peines.
Quand elle en pleure
je la rassure.
Ma ville donne signe de vie
Elle me fait des sourires
Elle me fait des clins d’œil
Elle se maquille et elle se décore.
J’ai vu battre son cœur
J’ai parcouru ses veines
Je me suis fondu dans son décor
Je l’ai regardée dans les yeux et je lui ai dit je t’aime
Ma ville m’habite,
autant que j’y habite.
Elle me hante,
Elle me tente,
Elle me comprend.
Ma ville est un livre que j’ai lu et relu
Elle est un film que j’ai vu et revu
Je lui connait tous ses racoins, toutes ses cachettes, tous ses secrets.
Je connais ses hauts et ses bas, ses ici et ses là
Ma ville se sent seule.
Et je suis son unique ami, parmi les milliers de visages
Elle m’aime et je l’aime en retour.
Je suis son roi et elle , ma reine.
Ma ville est la mienne et c’est moi qui y règne.
Bon Matin 02/11/2009
Posted by longuevieauroi in textes.add a comment
Il est tard. Ou plutôt, il est tôt.
Je reviens de l’école. À six heures du matin.
Il est six heures du matin et je m’assoie sur le divan. Je le mérite.
J’entends un bruit dans la cuisine. Je ne me lève même pas. Je sais c’est quoi. C’est des mots. Ou plutôt, ce sont mes mots. Mes mots, qui, au lieu de venir s’asseoir avec mois et me parler de la vie, se font des grill cheese dans la cuisine. Et bien sur, ils ne feront pas la vaisselle.
Ils me font ça des fois, quand je suis fatigué ou quand j’ai la tête ailleurs. Ils se pointent, j’ai conscience d’eux, je les perçois au bord de mon champ de vision. Mais comme les marmottes qui habitaient dans ma cour arrière, ils dégagent dès que je les remarque. Pas le temps de faire le focus. Pas le temps d’ajuster le volume. Pas le temps d’attacher mon lacet. Partis. Sauf que je sais qu’ils sont là; le four est allumé et je n’ai plus de lait.
Ils partent si vite que je doute parfois de mes sens. Ils partent si vite que je commence à douter de leur existence. Je commence à me demander si j’ai vraiment des mots. Je commence à me demander si j’ai mes propres mots. Après tout, les mots des autres sont aussi très beaux. Je peux m’exprimer avec les mots des autres, alors pourquoi prendre le temps d’apprivoiser les miens?
Après tout, ils ne font même pas leur propre vaisselle.
Eh bien voilà. Je renonce à mes mots. Comme ça je vais pouvoir avoir la paix. Bonne nuit. Où plutôt, bon matin.